S'aimer soi-même
- 10 févr.
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 11 févr.
On a tous une idée sur l’Amour, on le vit, on l’a expérimenté, on peut penser en avoir manqué ou en avoir toujours reçu et donné. Bref, c’est une valeur qui touche chacune et chacun d'entre nous.
En 2023, après avoir décidé de changer de voie professionnelle, j’ai eu une impulsion d’explorer cette thématique qui me passionne. Aujourd’hui, j’ai le plaisir de partager certaines de mes réflexions.
Amour, aimer, des mots galvaudés, qui peuvent être autant empreints de tendresse que de banalité. En français, on utilise le même mot peu importe l’élément apprécié : j’aime la pizza, la poterie, mon pote, ma petite amie…
Dans la Grèce Antique, on distinguait 4 mots : Eros, Storgé, Philia et Ágape. Ce dernier décrit un amour spirituel, profond, un amour qui nourrit, un amour vrai. Cet amour est universel, on peut donc le ressentir, le développer pour une personne, un animal, la nature, une divinité. Il s’agit d’un amour non passionné (la passion, c’est Eros), mais tendre, sensible et attentionné.
Le pendant latin d’Ágape, c’est « caritas », coût élevé, estime, affection, qui nous a donné « charité » [1]. Cela m’a étonné, d’autant plus que l’un de mes proverbes préférés, c’est « Charité bien ordonné commence par soi-même. ». Mon interprétation : commence par t’estimer, par t’aimer toi-même pour pouvoir estimer et aimer les autres.
Quel programme ! Et là, je me dis ces mots méritent une majuscule, Aimer, Amour.
Notre vie est composée de différentes sphères qui peuvent se croiser ou se rencontrer : la vie personnelle, la vie de couple, la vie familiale, la vie professionnelle et la vie sociale.
Je vous propose maintenant de focaliser notre attention sur notre vie personnelle et de nous poser les questions suivantes : Suis-je capable de me dire « Je t’aime » en toute humilité ? Est-ce que je me le suis déjà dit aujourd'hui ? Est-ce que je m’aime dans ma vitalité, dans mes limites, dans ma sexualité, dans ma maladie, dans mon bonheur… ? Quelle est ma réaction à ces questions ? « Non, mais n’importe quoi. Je ne suis pas égoïste ! », « Ça m’arrive ! », « Oui, régulièrement, ce sont des mots magiques. »
Une anecdote personnelle : la première fois qu’une thérapeute m’a proposé de m’offrir ces mots à moi-même, mes lèvres ont eu du mal à laisser passer la phrase, le son est resté coincé dans ma gorge. Un mélange de tristesse et de peur a surgi, peut-être un peu de culpabilité. « Je ne suis même pas cap’. » J’avais l’impression que dans la caisse à outils reçue petite, il n’y avait pas de kit « Amour de soi ».
S’aimer soi-même, c’est se connaître, c’est s’accepter (corps et âme !) sans condition. Pas question de limiter son Amour à certaines situations (je m’aime quand je fais attention à ce que je mange) ou à certaines attitudes (je m’aime sauf quand je pète un câble) ou encore aux résultats (je m’aime quand je suis au top). Non, c’est un package, on prend tout, sans pression. Si on pense à nos meilleurs amis, on les aime quand ils sont performants, drôles, pertinents, sérieux, mais aussi quand ils sont malades, maladroits ou mornes. Pas vrai ? Alors je m’autorise à m’aimer, même si des blessures remontent à la surface et si je ne me sens pas à ma place, pas à la hauteur, etc.[2]
Nous avons tous un trésor caché en nous-même (plus ou moins profondément), et logiquement nous sommes notre meilleur/e ami/e. Qui d’autre peut savoir ce qui est juste pour nous, qui d’autre peut nous fixer des objectifs personnels, professionnels ou autres au plus près de ce qui nous correspond ? Faisons au mieux pour nous aimer nous-même, sans nous sentir coupable. Comme le dit Jacques Martel dans son livre Conscience, Amour et Guérison : « Être coupable, c’est nier la responsabilité que j’ai en ce qui concerne un événement. Être responsable n’est pas être coupable. Être responsable me permet de prendre conscience d’une situation que je viens de vivre. » Nous nous sommes peut-être mis/e en colère dans telle situation … la prochaine fois, nous pourrons décider d’agir autrement.
Des pistes pour apprendre à s’aimer soi-même :
Dans une situation de désamour avec moi-même, j’imagine ce que je dirais à un ami / une amie qui vit la même chose.
Je me pardonne d’avoir eu une pensée, une parole ou une attitude disharmonieuse.
Je me dis : « Je ne suis ni victime, ni coupable, j’ai seulement des situations à comprendre. » Jacques Martel
Je suis fier/fière de moi et m'auto-félicite pour mes accomplissements.
Je m’accorde du temps pour moi, comme un rendez-vous avec moi-même.
Je m’offre des fleurs, un soin, un cadeau qui fait « pétiller » mon quotidien.
Vous avez des pistes? Partagez-les en commentaire !

[1] Encyclopedia Universalis
[2] Voir Lise Bourbeau, Les cinq blessures qui empêchent d’être soi-même


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